La requête pour action collective déposée par l’Association des membres de la police montée du Québec au nom de tous les membres de la GRC du Canada qui ont été victimes de harcèlement et d’abus de pouvoir de la part de la direction de la GRC prend de l’ampleur, alors qu’au-delà de 1 000 cas ont été signalés depuis le dépôt de la plainte le 2 novembre 2016.

«Et la liste ne fait qu’augmenter de jour en jour, avec des appels téléphoniques et des courriels provenant de membres de la GRC de partout au Canada qui ont une histoire à raconter », a déclaré James Duggan, dont le cabinet prend les devants au nom de l’AMPMQ, durant une conférence de presse, qui a eu lieu sur la Colline parlementaire à Ottawa, le 28 novembre. Duggan était accompagné par cinq membres de l’AMPMQ, dont le président Serge Bilodeau et le vice-président Charles Mancer.

La requête pour autorisation d’exercer une action en recours collectif a été déposée à Montréal pour le compte de 22 000 policiers de première ligne et employés civils de la force fédérale, et c’est la première demande en son genre faite par ses membres.

Durant la conférence de presse, Me Duggan et l’AMPMQ ont également lancé un site Web (https://mancer.actioncollectivegrc.ca) pour permettre à tous les membres de la GRC qui ont été victimes de harcèlement – quelle que soit leur origine et où ils sont affectés – à raconter leur histoire en toute confidentialité.

«Cette requête pour autorisation d’exercer une action collective est née alors que de nombreux membres nous ont fait part de situations de harcèlement, d’abus et de discrimination dont ils ont longtemps fait l’objet pendant qu’ils travaillaient à la GRC», a déclaré Me Duggan.  «Ce sont des témoignages qui s’étalent sur de nombreuses décennies et mettent en évidence une culture d’intimidation, de harcèlement et de discrimination au sein de la GRC.»

James Duggan et l’AMPMQ sont à l’épicentre du mouvement syndical de la GRC depuis plus de 30 ans et, au fil des années, ont joué un rôle prépondérant en soutenant les membres dans leurs efforts pour obtenir un environnement de travail plus sain et exempt de harcèlement et d’intimidation. Ces efforts ont mené l’an dernier à l’importante décision favorable de la Cour suprême du Canada, qui a statué que la Charte canadienne des droits et libertés invalidait l’interdiction du droit à la syndicalisation imposée depuis longtemps par la GRC à ses membres. Le gouvernement a réagi en déposant le projet de loi C-7, qui excluait le harcèlement de la table de négociation.